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Des moulins et des gens d’ici
par Guylaine Hudon le 2016-12-24

Le moulin Harton Saint-Cyrille

Le moulin Harton, du cœur et de la détermination

Jean-Baptiste Thibault, maître-meunier de Saint-Jean-Port-Joli, bâtit le moulin à farine, mû à l’eau, près de la Rivière Bras-Est, à Saint-Cyrille de Lessard, après avoir acquis le terrain nécessaire de François-Xavier Duchesneau, en 1861. Une autre transaction avec Joseph Paquet et Christine Phabas, veuve de Lucien St-Pierre, lui assure l’espace nécessaire pour relier le moulin à la route. Neuf ans plus tard, il vend ses installations, le moulin à farine et le terrain, à Amable St-Pierre et à Arthur St-Pierre, meuniers de Notre-Dame-de-Bonsecours.

La famille Fortin entre en scène en 1872. Anthime, l’ancêtre, achète la propriété. On retrouve par la suite Anthime, le fils, en 1874 et, pour terminer, Georges un autre fils, les deux dernières années, avant de passer le flambeau à la famille Harton.

En 1884, François-Xavier Harton, meunier de Saint-Jean-Port-Joli, acquiert le moulin à farine, le moulin à scie et le moulin à battre, sis entre le 5e et le 6rang de Saint-Cyrille, côté est de la route 285 actuelle. Malheureusement, il décède en 1899. Joséphine Massé, son épouse, prend la barre et la tient fermement jusqu’en 1920. Elle cède alors ses propriétés à ses fils, Joseph et Dominique, tout en demeurant l’administratrice. Joseph devient l’unique propriétaire en 1927. Le livre souvenir de Saint-Cyrille note qu’en 1937, 1 500 minots de grains y sont moulus pour les cultivateurs. Les activités du moulin perdurent jusque dans les années 1960 environ. Le moulin est aujourd’hui appelé moulin Harton, du nom des derniers propriétaires.

François-Xavier Harton (1854-1899)

Originaire de Saint-Pacôme, fils de meunier, Francois-Xavier Harton épouse Joséphine Massé en 1878, dans sa paroisse natale. Il exerce son métier de meunier à Saint-Pacôme, à Saint-Jean-Port-Joli, puis à Saint-Cyrille, en 1884. La vie l’arrache trop tôt à sa passion et aux siens : il décède en 1944. Sa famille poursuit son œuvre.

Joséphine Massé (1857-1931)

Originaire elle aussi de Saint-Pacôme, Joséphine, issue d’une famille de quinze enfants, donne naissance à seize enfants dont seulement huit atteindront l’âge adulte. En 1899, elle perd son époux, sa fille Marie, âgée de 19 ans et son bébé de 5 mois. Une grosse épreuve pour celle qui continue l’entreprise familiale avec six enfants mineurs, dont la dernière est âgée de 20 mois seulement. Joséphine, une femme de cœur et de tête, a su certainement bien s’entourer pour mener à terme la destinée de sa famille et assurer la réussite de son entreprise. À l’instar de sa sœur Mathilde, une des premières femmes médecin au Québec, Joséphine est assurément une des premières chefs d’entreprise de l’époque.

Elle est issue de la grande famille Eschemback par sa grand-mère. Ce sont des meuniers depuis des générations sur la Côte-du-Sud. Thérèse Eschemback est l’épouse de Louis Massé.

Quelques faits rapportés par des gens d’ici :

Par Albert Caron, ancien résident de Saint-Cyrille, quelques semaines avant son décès en mars 2016 :

  • François-Xavier Harton a déplacé une maison, par voie de la rivière, d’est en ouest, pour la rendre plus accessible, ce qui est assez rare comme moyen de déménagement.

Par Raymond Harton, fils d’Ulric, fils de François-Xavier :

  • François-Xavier Harton était meunier propriétaire à Saint-Jean-Port-Joli quand il a acheté le moulin à Saint-Cyrille. Son moulin était situé sur la route 132 actuellement.

Par Clémence Bélanger, épouse de Raymond Harton :

  • Mathilde Massé, la sœur de Joséphine, une des premières femmes au Québec à devenir médecin, a surtout exercé sa profession aux États-Unis.

Par Diane Harton, fille de Joseph, fils de François-Xavier :

- Diane a raconté quelques bribes de souvenirs d’enfance au moulin, période qu’elle qualifie des plus heureuses. La famille habitait au moulin. Elle a fréquenté l’école du village qu’elle a dû quitter pour travailler sur la machine à carder. Son travail consistait à peigner la laine des moutons et à la passer dans la machine à carder. Ce matériel était ensuite filé au rouet dans les foyers pour en faire des fils de laine à tricoter.

- Le moulin à farine était mû à l’eau, le moulin à carder était électrique et le moulin à scie fonctionnait à la vapeur. Une grande dalle de près de 300 pieds amenait l’eau au moulin à partir de l’écluse. Diane se souvient d’avoir cousu des vêtements dans un local en haut du moulin, local que ses tantes utilisaient auparavant pour la même raison.

- Léopold Desrosiers, son époux, a raconté que Raoul Hunter, le grand caricaturiste né à Saint-Cyrille, lui a présenté celle qui allait devenir son épouse.

Merci à vous deux pour votre accueil chaleureux.

Par Cécile Harton, cadette de la famille, sœur de Diane :

- Le moulin à farine a été déplacé par son père Joseph, de l’est à l’ouest, pour le rapprocher de la grande route.

- Deux bâtisses principales, le moulin à farine avec la résidence de la famille du meunier au 2étage et un moulin à scie avec le moulin à carder attenant constituaient, en plus d’une grande terre à cultiver, le milieu de vie et de travail de toute la famille.

Jeanne-Aimée Bélanger


Le Moulin Harton. Photo tirée du livre souvenir de Saint-Cyrille, 1993.


Sources orales :

Merci à Madeleine St-Pierre Harton, Raymond Harton, Clémence Bélanger, Albert Caron, Diane Harton Desrosiers, Léopold Desrosiers, Cécile Harton Proulx.

Sources écrites :

http://www.st-pacome.ca/personnages-celebres/

GA Verreau NP, 1861; Th Michaud NP, 1870; Chs Marcotte NP, 1872,1874,1876, 1880,1882; J E Casgrain NP 1879; C Leclerc NP 1906; H Boisvert 1920; JAP Jean NP 1921; Régistres paroissiaux St-Pacôme, St-Cyrille de Lessard; Recensement Canada 1891, 1911.

Livre Souvenir Du passé au présent Saint-Cyrille de Lessard 1993.



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