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Soigner ses employé(e)s
par Guylaine Hudon le 2017-11-14

RichardBranson, patron du groupe Virgin, aurait récemment déclaré : « Soignezvos employés et ils soigneront votre business. C’est aussi simple que ça! ».

 

Dansnotre pratique quotidienne, après l’analyse de plus de 5 000 dossiers,nous constatons régulièrement que certains patrons soignent effectivement leursemployés et que leur philosophie d’entreprise rime avec respect, reconnaissanceet bien-être au travail. Si un accident du travail se produit chez eux, lestravailleurs et travailleuses accidentés sont bien supportés. Le retour autravail est souvent plus rapide, et ce, autant dans l’intérêt de l’entrepriseque dans celui des salariés impliqués. En cas de litige, les partiess’entendent généralement assez bien pour éviter les recours devant le tribunal.

 

Dansces entreprises les travailleurs et travailleuses n’ont généralement que debons mots pour leur employeur et respectent l’entreprise comme si elle leurappartenait. Les mésententes entre employés sont moins susceptibles de seproduire et si le cas se présente, le patron s’empresse de rechercher dessolutions à la satisfaction de tous.

 

Aucontraire, certaines entreprises adoptent une attitude, disons, moins bienveillanteenvers leurs salariés. Ils exercent beaucoup de pressions, exigent desrendements parfois difficiles à atteindre, ne tiennent pas compte des contraintespersonnelles et ne sont pas toujours à l’écoute des doléances des travailleurset travailleuses. Dans ces milieux de travail, les conflits sont plus susceptiblesd’apparaître parce que les employés sont plus stressés et surtout parce quepersonne ne prend au sérieux l’importance d’une bonne ambiance de travail.

 

Cesmêmes entreprises auront aussi une toute autre façon de gérer les dossiersCNESST, feront des pressions indues pour un retour prématuré, ne respecterontpas toujours les assignations temporaires et contesteront systématiquementtoutes les décisions de la CNESST rendues en faveur des travailleurs. Lesaccidentés vivront de la culpabilité et un stress énorme qui pourraientretarder le moment de la consolidation de leur lésion et par le fait mêmeprolonger la période d’arrêt de travail.

 

Demême, les plaintes pour harcèlement et congédiement surviennent plus souventdans un milieu de travail empreint d’insatisfaction où les salariés se sententplus ou moins appréciés et respectés. Les conflits entre les travailleurs ettravailleuses ne sont pas pris au sérieux, on laisse les salariés s’arrangerentre eux jusqu’à ce que le climat dégénère et mène à une situation critiquequi peut se traduire par des congés de maladies et même au dépôt de plaintes àla Commission des normes dutravail.

 

Aussi,lorsque des milieux de travail procèdent à des restructurations ou des fusionsqui visent principalement la coupure de postes, des employés devenussurnuméraires sont invités à quitter : parfois directement en leur offrantune compensation, mais trop souvent de façon plus subtile, en exerçant despressions, en remettant en cause les compétences ou en fixant des rendementsdifficiles ou impossibles à atteindre.

 

Ildevient alors difficile pour ces travailleurs en sursis de bien soigner l’entreprisede leur patron puisque leur présence même au sein de l’entreprise est remise enquestion. La situation peut alors dégénérer et prendre la forme de harcèlementou de congédiement déguisé.

 

MichelinePelletier, coordonnatrice

Aide aux TravailleursAccidentés (ATA)



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ATA  soigner ses employés  
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