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L’hiver qui s’étire, le harcèlement au travail et la détresse psychologique…
par Guylaine Hudon le 2017-03-02

Malgré les dispositions de la Loi sur les normes du travail qui prévoit, depuis 2004, une politique pour la prévention du harcèlement au travail, le phénomène est toujours bien présent dans les milieux de travail. Qu’on soit un homme, une femme, qu’on travaille au sein d’une grande entreprise ou dans un milieu de travail qui ne compte que quelques salariés, qu’on soit syndiqué ou non, personne n’est à l’abri.

Les effets sur les salariés sont des plus néfastes. Troubles du sommeil, perte de l’appétit, problèmes familiaux, problèmes de santé et ultimement une perte d’emploi. Les médecins posent généralement chez ces salariés des diagnostics d’état anxieux avec humeur dépressive, de troubles d’adaptation et même de dépression majeure. Les tentatives de suicide et les suicides font malheureusement partie du tableau.

En cette période de l’année, propice à la dépression, les personnes qui subissent du « harcèlement de façon soutenue et répétitive » risquent plus souvent de perdre un équilibre précaire et de se retrouver en congé de maladie forcé. Ces travailleurs et travailleuses sont-ils plus vulnérables aux « troubles de nature psychologique »? Les études démontrent que les personnes harcelées ne sont pas plus « déséquilibrées » que la moyenne des salariés. C’est la situation particulière qu’ils vivent au travail qui les rend malades et les fragilise.

Les harceleurs (personnes mises en cause) peuvent être le ou la supérieur(e) immédiat(e), un ou une collègue de travail, une personne qui collabore à l’entreprise…. Dans tous les cas, l’employeur demeure responsable d’une situation de harcèlement et se doit d’intervenir lorsqu’un ou une salarié(e) dénonce une situation invivable et lui demande d’intervenir pour mettre fin au climat de travail hostile.

Régulièrement, nous recevons des appels à l’aide de la part de salariés en détresse qui subissent des représailles quasi quotidiennes, des abus de pouvoir, des reproches injustifiés, des remarques quant à leur compétence, des menaces de perdre leur emploi… Alors que ces personnes ont le sentiment d’être à la hauteur des tâches qui leur sont confiées, de donner une performance bien souvent supérieure à la moyenne afin de justement faire taire les critiques incessantes ou d’éviter de continuels commentaires désobligeants ou dégradants.

Trop souvent, la situation ne fait qu’empirer et la personne harcelée comprend qu’elle doit lâcher prise au risque de perdre sa santé physique et mentale. Après avoir épuisé tous les recours possibles auprès de son employeur, après voir fourni le maximum de rendement, elle se voit contrainte de prendre une pause par rapport à son emploi, de s’éloigner temporairement du milieu de travail qui la rend malade.

Lorsque l’employeur n’intervient pas de façon satisfaisante pour régler la situation, le travailleur ou la travailleuse peut déposer une plainte aux normes du travail dans les 90 jours suivant la dernière manifestation de harcèlement. Les syndiqués doivent déposer un grief dans les 30 jours. Il est important de ne pas donner sa démission, mais plutôt de prendre un congé de maladie si la situation est devenue intenable.

Le ou la salarié(e) pourra aussi faire une réclamation auprès de la CNESST et l’événement sera analysé sous l’angle d’un accident du travail. Il faudra alors compléter le formulaire de « Réclamation du travailleur » et joindre un rapport médical CNESST remis par un médecin. Les intervenantes de l’ATA peuvent accompagner les salariés durant le processus de dépôt de la réclamation et des plaintes auprès de la CNESST (y compris les normes du travail) et du suivi en médiation, s’il y a lieu. N’hésitez pas à prendre des informations et à discuter des possibles solutions qui s’offrent à vous. On peut rejoindre l’ATA sans frais au 1-855-598-9844.

Marie-Ève Picard
Aide aux Travailleurs Accidentés-ATA






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